paris 2017-02-25T12:07:05+00:00

Le groupe surréaliste de Paris


 

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Homage to Andre Breton – John Richardson

André Breton et les météorites, même

André Breton n’est jamais revenu sur lui-même que pour aller plus loin
Plus profondément plus complètement
Alors que pourront dire et faire ceux qui ne l’ont pas connu ?
Dire ce que disent les fleurs aux volcans les coquillages aux arbres
Les horloges de sable aux abysses entourant l’île de Pâques
Et reviendront encore une fois les cambrioleurs d’idées fixes
Mais lundi matin je trouve une pierre noire avec des yeux plus noirs encore
     imprimés dessus
Et jeudi soir encore une autre pierre noire
Avec les yeux noirs de la sœur de la première
Je parcours en état de somnambulisme lucide
Les rues d’un quartier illuminé de lanternes magiques
Et dans cet éclairage mouvant m’apparaît la femme de feu
Prête à l’aimer à l’idolâtrer
Subjuguée par le front altier la bouche charnue et calme
Comme un lion loin de sa proie
Qui tend ses pattes vers le soleil de midi
Pour réaliser le grand écart
Avec l’assurance bien connue du témoin de l’histoire renversée
Parmi les objets primitifs dont les orbites vides luisent
Dans la pénombre du fantôme d’appartement récemment dévasté
Le vent agite sa couronne de cheveux fous
L’œil perçant cloue sur place le Rocher Percé
La mer dissout lentement la falaise lointaine
Sous la lumière intense et énigmatique
Du signe ascendant l’Etoile Belphégor
Qui nous attire dans son champ magnétique érotique
En ces lieux confins de toutes choses
Où les aurores boréales
Projettent leurs reflets dans des cimes infinies
Tandis que des mollusques manchots
Cherchent à se faire entendre malgré l’orage
Des derniers chasseurs à cheval dans les fonds de citerne
Raclés à grands coups de truelle
Par des maçons portugais
Entraînés par la mélopée obsessionnelle et envoûtante
Récitée rythmiquement par une vendeuse
D’épingles à cheveux
Accompagnée de ses chiens
Qui dévorent les crânes en sucre à la devanture
Des épiceries mexicaines dévalisées dans la foulée
Par les fantômes de Villa et Zapata réconciliés
Les mains pleines de guacamole
Essuyées sur les pantalons rouges
Et les lèvres juteuses criant victoire
Ces mêmes lèvres connaîtront bientôt l’expression millénaire
Et toutes les rimes qu’elle engendre
Le tout au rythme du métronome géant
Et aussi selon le rite des Elus Cohen débarquant en Nouvelle-Guinée
Certain jour de janvier 1713 la reine avait perdu sa marotte d’albâtre
Dans le panier d’osier qui résiste encore et toujours aux bombardements de    météorites.

1er – 8 mars 2016

Elise Aru, Anny Bonnin, Claude-Lucien Cauët, Alfredo Fernandes, Joël Gayraud, Guy Girard, Michaël Löwy, Ana Orozco, Jean-Raphaël Prieto, Pierre-André Sauvageot, Michel Zimbacca.

 


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