Joël Gayraud – The Attic of the Abyss

It often happens that some confirmation signal comes in after one of our issues has wrapped up. We welcome this as an indication that the game is not finished, that the exploration continues, and that nothing is ever truly “too late”. In this case, Joël Gayraud has sent us a startling piece of theatre on the theme of “As Above, So Below”. We think itmakes a delicious epilogue (click here for the English translation).

*

Joël Gayraud

LE GRENIER DES ABYSSES

Sotie en 7 scènes 

 

Liste des personnages, par ordre d’apparition :

 

ARTHUR, cuisinier à bord du Ronflant, sous-marin à air comprimé.

MÉLISANDE, hôtesse de l’air à bord d’un long courrier reliant Vancouver à Samarcande

GRISÉLIDIS, capitaine du sous-marin

ISIDORE, pilote d’avion.

Scène 1 

La cabine d’un sous-marin, éclairée d’une lumière verdâtre. Par le hublot on voit passer des poissons de diverses espèces, un troupeau de rhinocéros, des requins, puis un éléphant qui colle sa tête énorme derrière la vitre. Sur la couchette, un homme d’une quarantaine d’années, Arthur, sommeille.

 

ARTHUR, s’éveillant :

 

Il n’y pas d’éclair dans le ciel qui n’ait son répondant au centre de la Terre, on le sait bien.

 

Il se rendort.

 

Scène 2

 

La cabine d’un avion de ligne

 

MÉLISANDE

Elle s’adresse dans son micro aux passagers en désignant avec les bras les issues de secours, comme lors des instructions de sécurité.

Quand les ailes poussent aux crocodiles, ils se rassemblent au sommet des falaises fossilifères de la Nouvelle-Écosse pour se jeter en formation trigonale dans la grande migration d’équinoxe qui les conduit chaque année jusqu’à l’indécidable estuaire du Rio de la Plata. Au même moment, des branchies et des vessies natatoires se développent chez les faucons pèlerins, les albatros et les paradisiers. Ils vont plonger dans les fosses océaniques pour passer l’hiver auprès des sources chaudes qui font communiquer les grandes profondeurs avec le lourd porridge du magma en fusion.

 

Hurlements de terreur des passagers. Les masques à oxygène tombent sur leurs visages.

 

Scène 3

Arthur, réveillé maintenant, nu sur sa couchette, plume un poulet vivant. On entend les piaillements de douleur de la bête.

 

ARTHUR

Le lundi bleu, au Moyen Âge, c’était le lundi Gras.

 

Une jeune femme en bikini entre dans la cabine. C’est la capitaine du sous-marin.

                                                                                                                  

GRISÉLIDIS

Déjà levé, Arthur? On est matinal aujourd’hui !

 

ARTHUR

Comme tous les soirs, ma Capitaine.

 

 GRISÉLIDIS

À ton avis, est-ce que le monde peut se renouveler ?

 

ARTHUR

Sans doute. Quand ce qui est en haut sera comme ce qui est en bas. Et vice-versa, bien sûr. Car on peut tomber si bas que la chute devient une montée.

 

La Capitaine hausse les épaules et quitte la cabine.

 

Scène 4

Dans la cabine de l’avion. Les passagers sont évanouis, sauf le pilote, Isidore, un tout jeune homme, qui se tient debout à l’entrée du cockpit, face à l’hôtesse.

 

MÉLISANDE

Ce sont les airs, monsieur Isidore, qui forment le ciel, pas les chansons. Sur un astre dépourvu d’atmosphère…

 

ISIDORE

…comme la lune

 

MÉLISANDE

…il n’y a pas de ciel…

 

 ISIDORE

…juste une profondeur noire ou claire selon les jours. Il n’y pas de chansons non plus.

 

MÉLISANDE

C’est la superposition des membranes de l’atmosphère qui peinturlure la clarté en bleu. Mais quand il y a une atmosphère, se forment aussi des nuages qui occultent le bleu, de leur blanc ou de leur gris plus ou moins sombre…

 

ISIDORE

…ce qui donne de l’épaisseur et de la consistance à la croûte céleste. Un ciel sans nuage est bien moins solide, il devient fragile comme de la porcelaine; il suffit qu’on lui flanque un bon coup de tête et crac, il se brise comme une coquille d’œuf; et derrière…

 

MÉLISANDE

…derrière ? Il n’y a que le rien derrière, le néant tout noir, le fond de l’anus de Dieu, comme ils disent, ceux qui y croient encore…

 

ISIDORE, jetant un regard autour de lui.

…et il doit bien y s’en trouver quelques uns dans cet aéronef. Tant qu’ils nous foutent la paix, on peut les laisser dormir.

 

MÉLISANDE

Reprenons. Quand une brique ou une tuile ou une écumoire, venue des confins de l’univers…

 

ISIDORE

…volant à une vitesse terrifiante, cingle d’une morve d’or le camembert frit de la nuit, et  que d’aventure elle ne parvient pas à se consumer tout entière…

 

MÉLISANDE

…elle enfonce dans les verts pâturages son implacable phallus de foudre.

 

ISIDORE

Telles sont les contingences du ciel. S’il en reste là, le bougre n’est pas encore identique à lui-même. Il sort doucement de la préhistoire naturelle en se bariolant d’insectes…

 

MÉLISANDE

…mais ceux-ci restent attachés à la terre, aux herbes, aux graines, aux fleurs, aux arbres. Leur vol trop parallèle au sol refuse à élément aérien l’occasion de la profondeur. C’est alors que vient l’oiseau, l’alouette qui s’élève à la verticale, en poussant son chant gratuit.

 

ISIDORE

Avec l’oiseau le ciel a trouvé sa raison d’être. L’oiseau est la vérité du ciel.

 

Scène 5

 

Dans la cabine de pilotage du sous-marin.

GRISÉLIDIS

Dans quelques instants, nous allons faire surface, comme la cerise sur le fromage, la poire sur le gâteau, l’écume des jours sur la saumure du calendrier.

 

ARTHUR

Ô jeune atmosphère aux jupes relevées jusqu’à la ceinture de Van Allen, toi qui décapites dans la colère de l’ouragan les clochers et les tours, qui festonnes à coup d’orages magnétiques les aurores polaires, qui déverses sur les déserts le chaleureux pissat d’une pluie annuelle…

 

GRISÉLIDIS, rêveuse, aux commandes

…les déserts où les cactus fleurissent un seul jour dans l’année, loin des oasis striées des cris du chacal…

 

ARTHUR

Ô jeune atmosphère aux membranes roses et vertes qui dispensent leurs tiédeurs à nos nostalgies d’enfants perpétuels, à nos espoirs déçus avant même d’être conçus, ô jeune atmosphère au loup de neige et à l’écharpe de sang frais…

 

GRISÉLIDIS

… donne-nous à humer tes puanteurs, foutredieu !

 

Arthur se précipite sur elle, la culbute sur le tableau de bord et ils baisent fougueusement.

 

Scène 6

 

Les passagers se réveillent peu à peu.

 

MÉLISANDE

Notre appareil vient de franchir avec succès le corridor Saknussemm et croise désormais à 6000 pieds au-dessous de la voûte terrestre. Nous commençons notre descente vers la mer Lidenbrock sur laquelle nous nous poserons dans une vingtaine de minutes.

 

UN PASSAGER, effrayé

Comment, on ne va pas atterrir ? On n’a pas pris un hydravion, pourtant ! On ne risque pas de couler ?

 

La  voix d’ISIDORE, depuis le cockpit.

Sa teneur exceptionnellement élevée en chlorure de sodium assure à tout corps, quelle que soit sa densité, de flotter à sa surface. Dans la cavité centrale du globe, la température varie entre 30 et 40°, le taux d’humidité avoisine les 100%, les eaux sont peuplées de créatures verdâtres mi-algues mi-reptiles, les laves éternelles vitrifient la muqueuse vaginale de la planète, et il s’en faut de beaucoup que les ombres se détachent des corps puisque la lumière, dispensée par des armées de lucioles géantes accrochées à la voûte, est également diffusée de toutes parts. 

 

UN AUTRE PASSAGER

Mais il n’a jamais été question de cette escale. Quand est-ce que nous arriverons à Samarcande ?

 

ISIDORE, qui sort du cockpit

Jamais. Vous n’êtes pas au courant ? Vous n’avez pas l’oreille vissée sur vos portables, comme d’habitude, à chaque heure du jour et de la nuit ? Pour une fois que vous auriez appris quelque chose ! Samarcande a été rayée de la carte comme toutes les villes à la surface du globe par le raz-de-marée gigantesque qu’a provoqué la chute de l’astéroïde Pantagruel dans l’océan Atlantique. Par chance, nous étions en vol à ce moment-là et pas sur sa trajectoire. Tout a été submergé, à l’exception de quelques pics montagneux. Dites, comment voulez-vous atterrir en haut d’une montagne ? Heureusement, dans mon enfance, quand mon intelligence était dans sa plus belle phase, j’ai lu quelques livres, et il m’est souvenu que dans l’un d’eux s’ouvrait au sommet d’un volcan éteint un couloir d’entrée pour le centre de la terre. Alors j’ai tenté le coup, et le couloir s’est révélé assez large pour laisser passer cette ridicule machine volante. De toute façon, notre seul salut était de nous y engouffrer.

 

Les passagers, hystériques, commencent à s’entretuer.

Isidore et Grisélidis se réfugient dans le cockpit.

 

Scène 7

 

Une plage près de la mer souterraine.

À quelques encablures flotte la carcasse de l’avion, un peu plus près un vieux sous-marin achève de rouiller.

Une table ronde autour de laquelle sont assis Arthur, Grisélidis, Isidore et Mélisande. Ils jouent aux cartes. Des verres et des bouteilles de vin s’étalent devant eux. Grisélidis et Isidore fument le cigare.

 

GRISÉLIDIS

Dans les sables surannés nous embrassons nos rêves, à la verticale des jours enfuis.

 

MÉLISANDE

J’ai découvert depuis longtemps l’hypoténuse de l’amour fou

 

ARTHUR

Et moi, l’équation géométrique des plaisirs infiniment extensibles.

 

ISIDORE

Les beaux orages nous consolaient des vilains dimanches. Il nous reste à retrouver les fracas et l’attente, les catastrophes vitales de l’histoire exorbitée.

 

MÉLISANDE

Les torches de phosphore hurleront leurs chants de feu contre les parois de l’hiver

où se réfléchissent les ombres de nos amours perdues.

 

ISIDORE

Sur la convexité de tes seins, mon amour, mes mains caressent la vérité de ton squelette exhaustif.

 

MÉLISANDE

Les notes égrenées sur le clavecin de Diderot soulèvent une marée de fièvre dans les polders du rêve.

 

ARTHUR

Les horlogers ont trop longtemps exploité le filon du temps perdu…

 

GRISÉLIDIS

…et les ombres portées du plaisir féminin dans la moiteur des cadrans solaires.

 

Ils jettent les cartes et trinquent joyeusement.

 

*

 

Joël Gayraud

THE ATTIC OF THE ABYSS

A sotie in 7 scenes

 

List of characters, in order of appearance:

 

Arthur, cook onboard the Ronflant, a compressed-air submarine.

MÉLISANDE, stewardess aboard the long route from Vancouver to Samarkand

GRISELIDIS, captain of the submarine

ISIDORE, airplane pilot.

 

Scene 1

 

The cabin of a submarine, lit by a greenish light. Through the window we see various species of fish, a herd of rhinos, sharks, and an elephant sticking its huge head onto the glass. On the bunk, a man in his forties, Arthur, is asleep.

 

ARTHUR, waking up.

It’s well known that there is no light in the sky that does not have its correspondence in the center of the Earth.

 

He goes back to sleep.

 

Scene 2

The cabin of an airliner.

 

MÉLISANDE

Speaking through the microphone to her passengers, indicating the emergency exits with her arms, as if giving safety instructions.

When the crocodiles grow wings, they gather at the top of the fossiliferous cliffs of Nova Scotia to throw themselves in trigonal formation for a great equinoctial migration that leads them each year to the undecidable estuary of Rio de la Plata. At the same time, peregrine falcons, albatrosses and birds of paradise grow gills and swim bladders. They will dive into the crevices of the ocean to spend the winter near the hot springs that connect great depths with a heavy porridge of molten magma.

 

Howls of terror from the passengers. Oxygen masks fall onto their faces.

Scene 3

Arthur, awake now, and naked on his bunk, feathering a live chicken. We hear the creature’s cries of pain.

 

ARTHUR

The Blue Monday of the middle ages was Lundi Gras.

 

A young woman in a bikini enters the cabin. She is the captain of the submarine.

                                                                                                                  

GRISÉLIDIS

Already up, Arthur? You’re an early riser today!

 

ARTHUR

Just Like every night, captain.

 

 GRISÉLIDIS

In your opinion, can the world be made anew?

 

ARTHUR

No doubt. When what is above is like what is below. And vice versa, of course. Because you can fall so low that the fall becomes a climb.

 

The captain shrugs and leaves the cabin.

 

Scene 4

 

In the cabin of the plane. The passengers have fainted, except for the pilot, Isidore, a very young man, who is standing at the entrance of the cockpit, facing the hostess.

 

MÉLISANDE

It’s the melody, Mr. Isidore, that makes up the sky, not the song. On a star devoid of atmosphere…

 

ISIDORE

…like the moon

 

MÉLISANDE

…there is no sky…

 

 ISIDORE

… just a depth, black or clear, depending on the day. There are no songs either.

 

MÉLISANDE

It is the superimposition of the atmospheric membranes that paints the brightness in blue. But when there is an atmosphere, clouds are also formed, which obscure the blue, with their whiteness or grayness, more or less dark…

 

ISIDORE

…which gives thickness and consistency to the celestial crust. A cloudless sky is far less solid, it becomes fragile like porcelain; all it takes is a good crack on the head and crack, breaks like an eggshell; and behind…

 

MÉLISANDE

…behind ? There is only nothingness behind, black nothingness, the bottom of God’s anus, as those who still believe in it say…

 

ISIDORE, looking around himself.

…and there must be some of them in this aircraft. As long as they don’t bother us, we can let them sleep.

 

MÉLISANDE

Let’s get back to it. When a brick or a tile or a skimmer, coming from the confines of the universe…

 

ISIDORE

…flying at a terrifying speed, cinched in golden snot, a night fried camembert, and that by chance cannot be entirely consumed…

 

MÉLISANDE

…sinks into the green pastures of the implacable lightning phallus.

 

ISIDORE

Such are the contingencies of heaven. If there is any left, the bugger is not yet identical to itself. It emerges gently from the burrowing insects of natural prehistory…

 

MÉLISANDE

… but these remain attached to the earth, to the grass, to the seeds, to the flowers, to the trees. Their flight is too parallel to the ground and refuses to the element of air the opportunity of depth. Thus emerges the bird, the lark rising vertically, singing its free song.

 

ISIDORE

With the bird the sky has found its reason for being. The bird is the truth of the sky.

 

Scene 5

 

In the cockpit of the submarine.

GRISÉLIDIS

In a few moments we are going to surface, like the cherry on the cheese, the pear on the cake, the foam of days on the brine of the calendar.

 

ARTHUR

O young atmosphere with skirts raised to the belt of Van Allen, you who behead bell  and clock towers in the anger of the hurricane, festooning magnetic storms and polar auroras, which pour on the deserts the warm piss of the annual rain …

 

GRISÉLIDIS, dreamily, at the controls

…deserts where cacti bloom for a single day in a year, far from oases streaked with jackal cries…

 

ARTHUR

O young atmosphere with membranes of pink and green that dispense their lukewarmness to our perpetual childhood nostalgias, our hopes, disappointed even before conception; o young atmosphere with the snow wolf and the scarf of fresh blood …

 

GRISÉLIDIS

…Grant us a whiff of your stench, fuckgod!

 

Arthur rushes her, tumbles on the dashboard; they fuck passionately.

 

Scène 6

 

The passengers awaken little by little.

 

MÉLISANDE

Our aircraft has successfully crossed the Saknussemm Corridor and is now crossing at 6,000 feet below the Earth’s crust. We will be starting our descent towards the Lidenbrock Sea where we will land in about twenty minutes.

 

 

PASSENGER, frightened

How are we not going to land on the ground? We’re not on a seaplane! Won’t we sink?

 

The voice of ISIDORE, from the cockpit.

Its exceptionally high content of sodium chloride ensures that any body, whatever its density, will on its surface. In the central cavity of the earth, the temperature varies between 30 and 40 °, the humidity rate is close to 100%, the waters are populated by greenish creatures which are half-algae half-reptile, the eternal lavas vitrify the vaginal mucosa of the planet , and it often happens that shadows detach from bodies since the light, dispensed by armies of giant fireflies hung on the vault, is likewise diffused from all sides.

 

ANOTHER PASSENGER

But there was never any mention of this stopover. When will we arrive in Samarkand?

 

ISIDORE, exiting the cockpit

Never. Are you not aware? Don’t you have your ear screwed to your devices, as you normally do, each hour, all day and night? For once you might have learned something! Samarkand has been wiped off the map like all the cities on the surface of the globe by the gigantic tidal wave caused by the striking of the asteroid Pantagruel in the Atlantic Ocean. Luckily, we were flying off course at the time. Everything was submerged, with the exception of some mountain peaks. Say, how do you land at the top of a mountain? Fortunately, in my childhood, when my intelligence was at its peak, I read some books, and I remembered that in one of them there opened at the top of an extinct volcano a corridor leading to the entrance to the center of the earth. So I tried, and the corridor was wide enough for this ridiculous flying machine. In any case, our only salvation was go in.

 

The hysterical passengers begin to kill each other.

Isidore and Grisélidis take refuge in the cockpit.

 

Scene 7

 

A beach near the underground sea.

A stone’s throw away, the husk of the plane, and a little closer, an old submarine almost totally rusted away.

A round table around which sit Arthur, Griselidis, Isidore and Melisande. They play cards. Glasses and bottles of wine are spread out before them. Griselidis and Isidore smoke the cigar.

 

GRISÉLIDIS 

In the prehistoric sands we embrace our dreams, on the vertical end of days gone by.

 

MÉLISANDE

I discovered for the first time in ages the hypotenuse of mad love.

 

ARTHUR

And I, the geometric equation of infinitely extensible pleasure.

 

ISIDORE

The beautiful storms console us on gloomy Sundays. We still have to rediscover the noise and the attempt, the vital disasters of exorbitant history.

 

MÉLISANDE

The phosphor torches will howl their songs of fire against the walls of winter where the shadows of our lost loves are reflected.

 

ISIDORE

On the convexity of your breasts, my love, my hands caress the truth of your exhaustive skeleton.

 

MÉLISANDE

Notes harvested on Diderot’s harpsichord raise a tide of fever in the polders of the dream.

 

ARTHUR

The watchmakers have for too long exploited the vein of lost time …

 

GRISÉLIDIS

… and the shadows born of female pleasure in wetness of sundials.

 

They throw their cards and toast joyfully.

 

By | 2019-01-13T03:42:06+00:00 January 12th, 2019|Poetry, Prose|0 Comments